15/10/2012

Un job pour la collectivité

JR_Fonctionnaire_Web.jpgL’Etat et les communes sont de grands pourvoyeurs d’emplois et engagent régulièrement du personnel de tous niveaux de qualification. En Belgique, 831.000 personnes travaillent pour une entité publique. Mais c’est au niveau local, dans chaque commune, que les agents sont le mieux représentés.


La Ville de Charleroi, par exemple, est l’un des plus grands pourvoyeurs d’emplois publics en Région wallonne, avec 3.750 agents communaux qui se partagent des dizaines de métiers différents. « La diversité des emplois est très grande dans une administration comme celle de Charleroi », explique Olivier Jusniaux, le nouveau secrétaire communal carolo. « Cela va des agents de la propreté aux jardiniers en passant par des postes très pointus comme ingénieur agronome, économiste ou fiscaliste. On imagine souvent le métier de fonctionnaire comme ennuyeux, assis derrière un bureau. Mais il existe une foule de possibilités de carrières, souvent très motivantes. On peut imaginer des projets et les suivre jusqu’à leur réalisation ».

L'examen d'entrée n'est pas généralisé

À Charleroi, et c’est une particularité, le recrutement s’effectue en deux étapes : une société externe se charge en effet d’organiser les présélections via un « examen d’entrée » afin d’évaluer les capacités des candidats. Autrefois éliminatoire, cette épreuve n’entraîne plus automatiquement un écartement en cas d’échec. Le candidat peut ainsi présenter les deux phases afin d’être sélectionné par l’employeur. Actuellement, une cinquantaine de postes sont à pourvoir à Charleroi. A bon entendeur…

À l’administration communale de Namur, qui emploie 1.500 personnes dont 1.200 équivalents temps plein, cet examen d’entrée n’est pas au programme. « Lorsqu’un poste s’ouvre, il existe deux possibilités », précise Jean-Marie Van Bol, le secrétaire communal. « Soit nous publions une offre d’emploi précise et nous auditionnons les différents candidats, qui font parfois partie de notre réserve de recrutement, soit il s’agit d’une promotion interne. L’idéal, évidemment, c’est de prévoir les départs afin qu’il n’y ait pas de vacances. Dans chaque service, des « numéros deux » se dégagent un peu par la force des choses, avec l’expérience».

Côté salaire, un « niveau E » (agent d’entretien, manœuvre, etc.) gagne 1315.88 euros net par mois, dès son engagement. Les universitaires (niveau A) engrangent quant à eux 1.774.01 euros nets. Des montants qui évoluent évidemment avec l’ancienneté. Selon les derniers chiffres de juin 2012, 70.492 fonctionnaires œuvrent également au service de l’Etat, au sein d’instances fédérales. En matière de recrutement, c’est via le SELOR que le personnel est majoritairement recruté. L’organisme se charge en effet d’organiser les procédures de sélection, mais également du « screening » (outil d’identification des compétences). En 2012, 86.996 personnes ont déjà postulé via le Selor, pour 4.127 postes vacants. Et chaque année, 3 à 4.000 candidats sont ainsi recrutés par les instances fédérales.

Les vraies et fausses croyances sur la fonction publique

"Un fonctionnaire, ça fait 8 – 16":

S’il existe bien entendu des contrats de travail qui préconisent cet horaire, ce n’est pas toujours le cas. Il existe en effet des fonctionnaires qui bossent en horaires flottants ou décalés. Certains sont carrément rappelables de nuit et le week-end, selon leur fonction. Tout cela est bien entendu défini au préalable lorsqu’ils sont engagés. Avec des primes ou des récupérations, selon les modalités convenues.

"Un fonctionnaire, c’est souvent absent":

L’absentéisme est un mal qui ronge toute entreprise, et a fortiori, les administrations. « Tout cela dépend du secteur, de la motivation du personnel, mais aussi du manager », confie Olivier Jusniaux, secrétaire communal à Charleroi. On constatera effectivement que dans les corps de police, le taux d’absence est important, contrairement à d’autres branches d’activités.

"Un haut responsable est d’office pistonné":

On dit souvent que, pour réussir dans une administration, il faut miser sur le bon cheval (lisez politicien). S’il faut sans conteste manœuvrer dans ce petit monde, les compétences intrinsèques du fonctionnaire restent primordiales. A Charleroi, où quelques « problèmes » ont été mis au jour avec les affaires politico-judiciaires, c’est une société externe qui organise des examens de recrutement et les promotions.

 

Frédéric Dubois

Publié dans Infos carrières |